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Elena Dobrica

Des neiges antarctiques aux glaces cométaires

Jeudi 24 septembre 2009, à 14h00

Les micrométéorites sont des grains de poussières interplanétaires capturés par la Terre. Ils représentent le flux maximal de matière extraterrestre et échantillonnent du matériel provenant des astéroïdes et des comètes. Le groupe d’Astrophysique du Solide du CSNSM a récemment collecté ces particules dans les neiges des régions centrales antarctiques proches de la station franco-italienne CONCORDIA à Dôme C. Une nouvelle famille de particules extraterrestres a été découverte dans la collection de micrométéorites CONCORDIA : les micrométéorites ultracarbonées (UCAMMs), qui contiennent de 50 à 80% de matière carbonée. Ces échantillons n’ont pas d’équivalent dans les collections de météorites, mais montrent des similarités avec les grains ’CHON’ identifiés par les missions Giotto et Vega dans la comète de Halley. Il s’agirait donc des premières particules d’origine cométaire identifiées dans la collection de micrométéorites CONCORDIA. Leurs analyses nous apportent des informations sur les premiers millions d’années de la formation du système solaire.

Nous avons caractérisé les UCAMMs à l’aide de la microspectrométrie Raman (pour la matière carbonée) et par microscopie électronique analytique en transmission (en ce qui concerne la partie minérale). Ces analyses montrent un lien entre les UCAMMs et les particules de poussières interplanétaires collectées dans la stratosphère par la NASA (IDPs), ainsi qu’avec les échantillons de la comète Wild2 rapportés par la mission spatiale STARDUST en 2006.

La composition isotopique de la matière organique (MO) des UCAMMs a révélé des excès extrêmes en deutérium (plus de 30 fois la valeur terrestre) qui sont parmi les plus élevés observés à ce jour dans des matériaux interplanétaires. Ces nouvelles données confirment l’origine cométaire des UCAMMs. Leur comparaison avec les analyses des chondrites carbonées, les poussières interplanétaires stratosphériques (IDPs), et les échantillons STARDUST plaide en faveur d’un processus de deutération interne de la MO dans le système solaire jeune plutôt qu’un héritage interstellaire.