CNRS Université Paris-Sud 11



Rechercher

Sur ce site

CSNSM - UMR8609
Bâtiments 104 et 108
91405 Orsay Campus

+33 1 69 15 52 13
104 +33 1 69 15 50 08
108 +33 1 69 15 52 68
Mentions légales

Accueil > Groupes de recherche > Structure du noyau > États cluster « α-cœur » dans les noyaux lourds > Derniers "faits marquants" sur le sujet > Un pépin à la surface du noyau de polonium 212 !

Dans la même rubrique

Un pépin à la surface du noyau de polonium 212 !

De nouveaux états excités ont été découverts dans le noyau 212Po grâce à une réaction de transfert d’une particule α à partir d’un faisceau d’ions lourds à très basse énergie [1], délivré par l’accélérateur Vivitron à Strasbourg, et à l’utilisation du multidétecteur γ Euroball. Ces nouveaux états possèdent des propriétés surprenantes, notamment des durées de vie extrêmement brèves impliquant l’existence d’un moment dipolaire électrique élevé du système.

L’isotope 212Po est un noyau lourd qui possède 4 nucléons de plus que le noyau stable doublement magique [2] 208Pb. À ce titre, sa structure devrait être relativement simple à décrire par le biais du modèle en couches, c’est-à-dire 2 neutrons et 2 protons placés sur les premières orbites disponibles. Or ce type de modèle ne peut expliquer que le système ait un moment dipolaire électrique à si basse énergie d’excitation.

Seule l’hypothèse d’une structure de type cluster [3] "α+208Pb" sous-jacente dans 212Po permet d’expliquer l’existence de ces nouveaux états. Jusqu’à ce jour, des états "α+cœur" n’avaient été reportés que dans des noyaux légers, et interprétés comme provenant de la rotation collective du système autour de son centre de masse. Cependant, dans le cas du système "α+208Pb", la très grande masse du cœur sphérique rend impossible la rotation collective. Les états découverts dans 212Po sont ainsi interprétés par un mécanisme totalement inédit : le mouvement de vibration de la distance "α-cœur" autour de sa position d’équilibre.

Pour en savoir plus

Contact chercheur


[1] La réaction utilisée consiste à envoyer un faisceau d’ions d’oxygène (18O) sur une cible de plomb (208Pb). À l’approche du noyau cible, seule une partie du noyau d’oxygène (ici, une particule alpha, c’est-à-dire 2 neutrons et 2 protons) est "happée" par le noyau de plomb et donne le noyau de polonium 212.

[2] Les nombres magiques en physique nucléaire (2, 8, 20, 28, 50, 82, 126) correspondent à des couches de protons ou de neutrons totalement remplies. Les noyaux correspondants possèdent une très grande énergie de liaison. Un noyau est dit doublement magique lorsqu’à la fois son nombre de neutrons et son nombre de protons correspondent à des couches complètes, comme par exemple 4He, 16O, 40Ca, 132Sn ou 208Pb.

[3] Un cluster nucléaire est constitué de deux noyaux, plus ou moins collés l’un à l’autre.